Casse du statut de fonctionnaire, management et ses dérives, austérité pour l’Éducation, tous en grève le 12 novembre

Casse du statut de fonctionnaire, management et ses dérives, austérité pour l’Éducation, tous en grève le 12 novembre

2018-11-02T06:21:20+00:0029 octobre 2018|Catégories : À LA UNE|Mots-clés : |

Le budget 2019 enterre la priorité à l’Éducation Nationale en supprimant 1800 postes.

C’est une nouvelle dégradation des conditions d’études des élèves et de travail des personnels qui est programmée. Car si le ministère affiche sa volonté de poursuivre et achever le dédoublement des classes de CP et CE1 des écoles des réseaux d’éducation prioritaire, les 1 800 postes prévus ne suffi- ront pas à mettre en œuvre cette mesure. Et les 2 650 postes d’enseignant-es dans les collèges et les lycées et 400 de personnels administratifs supprimés, dans le cadre d’une croissance démographique et d’une réorganisation des services, n’ont comme seule justification que de répondre aux engagements de suppressions massives de postes dans la fonction publique. A Paris, 54 postes ont été supprimés dans le second degré cette année, cela a des conséquences sur les effectifs, cela limite le choix d’options, de groupes allégés. Les suppressions de personnels administratifs, de surveillants, désorganisent les services, les écoles, les établissements. Il manque des centaines d’accompagnants pour les élèves en situation de handicap. La non-reconduction des CUI, leur suppression, ont créé des drames humains, et n’ont pas été compensées à la hauteur des besoins.

Tout cela n’est pas compatible avec l’ambition d’un enseignement de qualité et d’une plus grande égalité de réussite, ni d’une bonne administration du système éducatif !


Et le ministre veut compenser la baisse des moyens dans le second degré par des heures supplémentaires: c’est le retour de la vieille formule « travailler plus pour gagner plus », c’est faire peser sur les seuls personnels le fonctionnement de l’éducation sans leur en donner tous les moyens. Inacceptable !

Toutes ces annonces n’entament en rien notre détermination à lutter pour le maintien d’un service public d’éducation dont toutes les catégories , mues par les mêmes ambitions de réussite pour les élèves.

Contre les injonctions, le management et ses dérives

La FSU apporte son soutien à tous les personnels de l’éducation qui, confrontés à des phénomènes de violence dans l’exercice de leur métier, sont trop souvent laissés seuls, trop peu accompagnés et trop peu soutenus.
La FSU exige que l’administration les soutienne et leur offre la protection fonctionnelle à laquelle ils/elles ont droit ainsi que l’accompagnement nécessaire.

A travers les témoignages exprimés sur les réseaux sociaux comme ceux recueillis régulièrement par les militant-es de la FSU, ce qui ressort fortement est le sentiment d’abandon, le déni de l’institution, les méfaits d’un mode de management fondé sur des indicateurs de performance. Pour la FSU, il est indispensable de prendre les sanctions adaptées quand ces violences relèvent d’agressions et de menaces explicites mais il est tout aussi nécessaire de donner les moyens aux équipes éducatives de prévenir ces violences. Les problèmes de fond ne pourront être traités que par des mesures éducatives confortées et renforcées et par l’implantation dans les établissements d’équipes pluri-professionnelles.


La FSU rappelle que l’Education nationale a la responsabilité de l’éducation de tous les jeunes. Elle se doit de donner les moyens aux équipes d’enseigner dans de bonnes conditions afin que tous les jeunes accèdent à des savoirs ambitieux. Il est par conséquent nécessaire de s’appuyer sur l’expertise des personnels, d’entendre leurs demandes, de conforter leurs actions d’enseignement, de donner aussi davantage de moyens en nombre d’emplois, de formation et de temps de travail collectif.
Sur tous ces aspects essentiels, le Ministre reste silencieux. Et les choix faits, alors qu’il s’apprête à supprimer des postes, ne répondent pas à l’objectif impératif d’éducation pour tous les jeunes.

 Projet de loi pour une « école de la confiance » imposé

Ce projet de loi, ajouté aux différentes mesures déjà prises de la maternelle au lycée, va transformer en profondeur le système éducatif : fin des ESPE sans discussions abouties sur la formation initiale, fusion des académies, évaluation et management, financement du privé, généralisation des expérimentations qui pourront déroger aux statuts… La confiance ni ne s’impose ni ne se décrète ni ne se légifère ! Elle se construit par un dialogue social de qualité et par le respect des personnels, acteurs essentiels du système éducatif, qui doivent être associés aux évolutions en cours. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui d’autant que les personnels constatent le recours croissant aux injonctions.

Enseignement professionnel : le compte n’y est pas !

Après le succès des mobilisations du 27 septembre, il s’agit de les poursuivre car la réforme de la voie professionnelle instrumentalise la voie scolaire au profit de l’apprentissage. Elle organise le transfert des contenus d’enseignement et des diplômes aux branches professionnelles. La réduction des horaires dans toutes les disciplines et la multiplication des dispositifs (AP, co intervention, chef d’œuvre…) entérinent au moins 2500 suppressions de postes d’ici 2022 et augmenteront amplement les difficultés des jeunes dans leurs parcours scolaire et professionnel.

Une généralisation des contrats au détriment du statut de fonctionnaire

Dans un entretien sur une radio privée, dimanche 29 octobre, le ministre de l’action publique Gérald Darmanin, a déclaré que le gouvernement mettait en place la généralisation des contrats dans la fonction publique, y compris dans celle d’État. Le ministre précise que le statut de fonctionnaire sera préservé mais qu’il sera proposé aux agents de pouvoir choisir entre le contrat ou le statut, que les fonctionnaires seront payés au mérite.

Il s’agit donc bien d’une attaque d’ampleur contre la fonction publique et ses agents, le ministre précise d’ailleurs que l’objectif est bien de réduire le nombre de fonctionnaires, 50 000 dans la fonction publique 70 000 dans la fonction publique territoriale également en fusionnant les services, en adaptant les missions!

La FSU demande au gouvernement d’entendre les désaccords qui s’expriment et d’ouvrir des discussions portant sur le recrutement de fonctionnaires, la revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es, le développement de la formation et de l’accompagnement des agent-es.

Fusions des académies

Les expériences d’autres réorganisations de services déconcentrés de l’État, sur d’autres périmètres, ont montré combien il est facile de casser des organisations qui fonctionnent, mais que reconstruire une efficacité est ensuite beaucoup plus hasardeux, surtout quand tout ceci est structuré autour de politiques budgétaires ayant pour dogme de supprimer des postes. L’Éducation na- tionale est un bien commun bien trop précieux, une richesse publique bien trop essentielle pour que les personnels qui l’incarnent et la créent au quotidien soient aussi mis à l’écart et que leur expertise, leur parole n’aient pas été prises en compte dans l’élaboration de ce projet de loi.

La FSU demande au gouvernement de renoncer et de revenir à des mesures qui garantissent un service public de qualité !

 

La FSU appelle, dans l’unité la plus large possible, toutes et tous les personnels de l’Education nationale à être en grève le 12 novembre et à participer aux mobilisations

Grève à l’appel de la FSU, UNSA, CGT, SUD,CFDT, SNALC

Manifestation au départ de Luxembourg à 14 heures