Communiqué de presse
Flambée des prix de l’énergie : il faut des mesures
d’urgence pour les personnels de la Fonction publique
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La guerre au Moyen-Orient, en plus des conséquences tragiques pour les populations
qui la subissent, a produit une augmentation brutale et massive des prix des
énergies, profitable aux multinationales qui les fournissent mais entrainant une
hausse du coût de la vie que le gouvernement laisse filer.
Les personnels de la Fonction publique prennent de plein fouet les effets de cette
nouvelle crise inflationniste qui ne fait que commencer. Les prix de l’énergie
augmentent alors même que les traitements indiciaires des agent·es ont perdu près
d’un quart de leur valeur en euros constants en vingt-cinq ans ! C’est l’effet d’une
décennie de dévalorisation du point d’indice au début des années 2000, puis de
quinze années de gel de sa valeur en dehors de quelques mesures exceptionnelles.
Résultat, dans le contexte d’augmentation brutale et incontrôlée des prix de
l’essence, les agent·es publics vont devoir mettre encore la main à la poche pour aller
travailler au service de l’intérêt général.
Sans mesure d’urgence de la part du gouvernement, les personnels de catégorie C
verront massivement leur traitement indiciaire passer sous le salaire minimum au
moment de sa revalorisation en juillet, comme de nombreux agent⋅es de catégorie
B, voire certain·es dans la catégorie A.
Ainsi, si le SMIC augmente de 2 % au 1er juillet, une adjointe administrative ou
technique au 3e échelon du troisième grade verra son traitement indiciaire brut
devenir inférieur à celui-ci de près de 9 euros. Un technicien ou une secrétaire
administrative au 2e échelon du deuxième grade sera rémunéré en indiciaire à plus
de 4 euros en dessous du SMIC. Enfin un assistant ingénieur recruté après son
diplôme au moins à bac+2 au 1er échelon débutera avec traitement indiciaire brut
inférieur de plus de 23 euros au SMIC. Leurs métiers sont essentiels pour toute la
société, ils doivent être reconnus et justement rémunérés. Il est urgent de redonner
du sens à leurs carrières.
Pour l’heure, la seule réponse du ministre est d’envisager le recours accru au
télétravail. Un effet d’annonce déconnecté des réalités : la plupart des métiers des
services publics, notamment les moins rémunéré·es, se font sur le terrain, aux côtés
de la population.
La FSU attend des mesures fortes de maîtrise des prix, dont ceux de l’énergie, pour
préserver les conditions de vie des personnels et de l’ensemble des salarié.es. Les
moyens des services publics, nécessaires amortisseurs des crises, doivent être
renforcés.
La FSU demande au gouvernement de prendre des mesures d’urgences, comme
première étape d’un plan pluriannuel, aboutissant rapidement à l’attribution
uniforme de 80 points (soit + 400 € mensuels) sur l’ensemble de la grille indiciaire
combinée à une revalorisation d’au moins 20 % de la valeur du point d’indice et
d’indexer immédiatement celle-ci sur l’indice des prix à la consommation.
Pour aller plus loin, elle demande également d’engager sans tarder une négociation
sur la revalorisation des carrières et des rémunérations.
L’urgence est aussi de sortir de la dépendance aux énergies fossiles soumises aux
aléas des tensions géopolitiques et aux fluctuations des marchés. Notre modèle
économique et énergétique pèse sur les plus bas revenus et accentue le
changement climatique. Il est plus que temps d’accélérer la transition vers
des énergies renouvelables et de se diriger vers une gestion publique pour soustraire
ce secteur des mains des spéculateurs. Climat et pouvoir d’achat, pour la FSU, c’est
un même combat.
La FSU appelle à faire du 1er mai une grande journée de mobilisation pour la paix, les
droits des travailleuses et des travailleurs et leurs salaires.
Les effets de la crise qui débute sur le pouvoir d’achat et les conditions de vie des
personnels doivent être jugulés d’urgence !
PARIS